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Y-a-t-il encore de la place pour les artisans du net ?

J’entends par "artisans du net", toutes ces structures telles qu’auto-entrepreneurs, TPE ou PME avec peu ou pas de moyens financiers, peu de moyens humains, dans lesquelles les compétences sont concentrées sur trop peu de personnes ; ces entreprises qui ont du mal à avoir une vision à long terme - préoccupées qu’elles sont par le quotidien - et qui ont depuis longtemps compris que dans l’environnement économique dans lequel nous évoluons, penser à trois ans relève déjà de la boule de cristal.

Ces entreprises peuvent-elles encore avoir une place sur le net ? Est-ce que cet immense "écosystème" leur permettra d’acquérir de nouveaux clients, de nouveaux marchés ? Et là, je ne parle pas simplement des pure players, mais de tous ceux qui ont cru voir dans l’internet, un immense eldorado pour développer leur entreprise.

Une (ré)évolution fulgurante, difficile à suivre

Vite, très vite ! Quand je repense qu’il n’y a qu’une grosse dizaine d’année nous en étions au 56K, à la page html... L’évolution des possibilités qu’offre internet pourrait s’apparenter à une révolution. Les exemples étant si nombreux qu’il serait illusoire de vouloir les mentionner, regardez juste autour de vous, dans votre environnement quotidien, le net est partout !

Je ne suis pas certain que dans le monde moderne, les entreprises aient eu à s’adapter si rapidement à de telles nouveautés. Impossible de faire l’impasse. Celles qui ont demandé "à voir" s’en mordent les doigts aujourd’hui, voire ont disparu... Le train est passé.

Et ce n’est pas fini, l’environnement n’est pas stable, il évolue de jour en jour, avec encore plus de nécessité à s’adapter, des spécificités de plus en plus pointues, et forcément nécessitant de plus en plus d’investissements qui, au fil des jours, donne du fil à retordre à tous ces artisans du net, n’ayant pas forcément les moyens d’investir ou ayant simplement du mal à anticiper ces évolutions.

L’hégémonie de Google

Dans ce qui était au départ un espace vierge, des millions d’informations sont devenues disponibles, et quelques mastodontes ont vu le jour. L’un d’entre eux a, au départ, monté sont business sur la recherche. Bien lui en a pris, il fallait bien trier et classer toute cette information pour qu’elle devienne plus facilement accessible. Google faisait son entrée sur le web, avec un tel succès qu’il représente aujourd’hui plus de 90% des recherches en France. Et c’est là que le bât blesse, car non content d’avoir un monopole sur ce marché, il a créé un environnement dans l’environnement, à tel point qu’il est aujourd’hui impossible pour une entreprise de passer outre ses services.

Mettre à disposition gratuitement un moteur de recherche ne rapporte rien. En revanche, gérer la publicité directe ou indirecte dessus, oui ! A tel point qu’aujourd’hui les dés sont pipés. Peu importe la qualité du moteur de recherche, ce qui compte c’est le chiffre d’affaire que le moteur peu générer et, pour faire court, seules les grandes entreprises peuvent se permettre d’avoir une visibilité maximum du fait de leurs moyens financiers. Google semble les en remercier vu qu’on ne trouve plus que ces mêmes entreprises dans les premiers résultats des moteurs. Les artisans ? Chaque jour un peu plus loin, difficilement accessibles par l’internaute lambda : l’internet se ferme donc petit à petit pour qui n’a pas de moyens.

Des compétences nécessaires de plus en plus pointues

Il est bien loin le temps où une seule personne pouvait à la fois réfléchir à la stratégie web de son entreprise, mettre en ligne et maintenir son site, tout en gérant le business qui en découlait.

A cela, rien d’anormal, les possibilités qu’offre le web étant de plus en plus importantes, les compétences nécessaires à leur mise en œuvre aussi. Prenons simplement l’exemple d’un petit e-commerce : si on mettait bout à bout les compétences nécessaires pour mettre en place le site avant de faire la première vente, je crois que ça refroidirait plus d’un futur e-commerçant.

En attendant, les artisans prennent là encore une petite claque ; certaines technologies ou compétences leur étant de moins en moins accessibles.

Une régulation très difficile à mettre en œuvre

Avec un tel environnement fagocité par une grande entreprise américaine, complètement dérégulé, il serait souhaitable que quelques règles soient mises en place... mais par qui ? La France, l’Europe, le monde ? Déjà, la France et l’Europe, ça serait pas mal, mais le temps technologique n’est pas le temps législatif ! Même en imaginant que nos élus aient une compréhension réaliste des problématiques (ce que je doute très très fortement à ce jour ...), ce n’est pas gagné...

Une instabilité de l’environnement incompatible avec une bonne gestion d’entreprise

Je me rends compte qu’il me faudrait des lignes et des lignes pour développer encore cette réflexion, mais ce billet deviendrait indigeste. Une idée malgré tout me tient à cœur d’être précisée : l’instabilité de cet environnement.

Il est malheureusement très difficile aujourd’hui d’anticiper les évolutions de la technologie, et encore moins celles de Google, capable, et il ne se gène pas pour le faire, de changer ses règles du jour au lendemain, capable même de pénaliser aujourd’hui ce qu’il prônait hier.

Dans ces conditions, comment peut-on gérer nos petites entreprises ? Quand bien même vous avez une capacité d’adaptation forte, changer de stratégie tous les quatre matins, n’est pas une bonne chose, et en avez-vous simplement les moyens ?

Lucide ou pessimiste ?

Au travers de ces quelques points, non exhaustifs, il me semble de plus en plus compliqué, pour ces artisans du net d’être sereins quant à l’avenir. Les besoins financiers, techniques et humains nécessaires au bon déroulement d’un projet deviennent de plus en plus importants, souvent incompatibles avec les ressources de ces entités.

Il restera toujours des success story, mais elles ne seront qu’une infime partie émergée de l’iceberg, à coté de quoi des milliers d’entreprise se débattront au jour le jour.

Tout étant affaire de cycle, je ne doute pas qu’à un moment les opportunités réapparaitront, que Google sera mis au pas, et qu’un environnement plus sain et plus équilibré verra le jour. Malheureusement, je n’arrive pas à imaginer ce changement à court ou moyen terme.

Amis entrepreneurs (ou futurs), qui pensez investir le net dans les mois qui viennent, prenez bien le temps d’explorer votre marché et les conditions dans lesquelles vous allez l’investir. L’eldorado c’était hier !

Peut-être suis-je trop pessimiste, et passer mon temps à travailler pour/contre Google plutôt que de m’occuper de mon vrai métier ne m’aide pas à avoir une vision juste ? En tous cas, c’est mon état d’esprit du moment.

Et toi, artisan du net, as-tu la même vision ?

Écrit par Didier le 14/01/2014
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8 commentaires

Écrit par Yann le 14/01/2014 à 14h48
Je ne suis pas pessimiste vis-à-vis des mastodontes qui sont évoqués ici, mais plutôt vis-à-vis du comportement humain qui moutonne en s'apitoyant "eh oui, c'est comme ça, c'était mieux avant, le web et le référencement".

Je pense que nous avons un rôle majeur à jouer. Edward Snowden a tiré une sonnette d'alarme. Et il en reste plein, d'alertes à donner. Si les professionnels du référencement ne le font pas, qui le fera ? Pas le gouvernement, pas les plus gros players qui sont déjà partenaires des leaders, et sûrement pas le prospect qui n'a aucune idée de ce qui se trame en coulisse...

Évangélisation, vulgarisation, communication... A nous d'informer et d'éduquer. Des blogs comme WebcontentSpinning ou Promoteur Internet ont un discours éclairant sur ce qui se passe, et il y en a sûrement d'autres qui ne mangent pas dans la main de ceux qui rêvent de devenir les Big Brother.

Au boulot !
Écrit par gotcha le 15/01/2014 à 09h38
Il y a du vrai, cependant je pense que l'on pourrais dire la même chose partout.
Voilà combien de decennie que l'on nous prédis la mort de l'artisanat, du commerce de proximité?
Et bizarrement dans ma rue il y a de boulangerie, des vendeurs de fringue...

Néanmoins je pense qu'il faut trouver sa niche.

Et ne pas essayer de jouer, sur un terrain que l'on maitrise pas.

Et arreter de croire que le salut est dans le prix. la promotion, et la gamme la plus large.
A ce jeux, les mastodonte sont plus fort.
Écrit par Didier le 15/01/2014 à 10h28
@Yann, la question n'est pas de dire que c'était mieux avant, et ce n'est pas mon propos. Je m'interroge juste sur la place que peuvent prendre les petites entreprises. Et force est de constater que c'est de plus en plus difficile de se faire une place sur le web.

@gotcha, à la différence que dans ton quartier, le marché est "mature", ce qui est loin d'être le cas sur le web. Je le dis dans ma conclusion, je ne doute pas qu'à un moment les choses seront plus "équilibrées"
Écrit par Yann le 15/01/2014 à 17h32
@Didier : j'avais bien compris ton propos. Je pense qu'il est toujours possible de donner de la visibilité aux petites entreprises, à condition de diversifier au maximum ses canaux, d'essayer de se détacher de l'empire GG, et d'expliquer au client / prospect les tenants et aboutissants d'un référencement créatif / alternatif.

C'est plus long, et demande plus de travail, mais à la finale le budget investi dans Adwords par exemple peut être transposé en partie dans des actions supplémentaires de refnat.

L'important est vraiment d'informer le client, car on est tellement baigné dans le référencement qu'on en oublie le principal : la plupart des prospects que je rencontre sont restés avec leur vision du Google de 2004, aka "Google est ton ami". Quand je leur parle de tout ce que fait Google, tout ce qu'achète Google, tout ce que centralise Google, ils reviennent sur Terre et comprennent un peu plus le besoin de prendre un "minimum" de recul...
Je rajouterais que la concurrence est aujourd'hui forte sur tous les secteurs d'activités, même les niches.
Si l'on rajoute à cela que pour capter du trafic sur Google aujourd'hui, il faut déjà être une star. Ca complique.

Le référencement local est une bonne solution pour les artisans. Mais pour les PME qui ont une zone de chalandise nationale, c'est difficile.
Écrit par David le 19/01/2014 à 16h24
Bonjour à tous !

Je suis moins en accord avec vous sur l'image que vous donnez comme étant ceci : les artisans entrent dans le web comme un tunnel qui se referme à chaque pas.

Je développe pour les tpe et pme des stratégies et tactiques permettant d'atteindre leurs clients avec une certaine originalité, mais avec honnêteté. Voilà pourquoi ça fonctionne.
Ils n'ont pas 10 k admirateurs, mais des fois seulement 150 admirateurs, mais des vrais et des clients qui peuvent générer des revenus réels.

Non nous n'avons pas l'armé pour déployer sur le web, mais la tpe a-t-elle besoin de tout cet attirail. Je ne crois pas, car elle ne serait même pas en mesure de gérer toute cette affluence supplémentaire.

Cela dit, j'admets que les moyens les plus faciles c'est de mettre une publicité et boum c'est fini. Par contre, ce ne garantit pas des clients assurés, mais une visibilité temporaire.

Merci de votre écoute et de vos commentaires :)
Écrit par Loric le 20/01/2014 à 13h54
Bonjour,

là où il y a des obstacles, certains y voient des opportunités. J'aurais tendance à être optimiste pour les petites structures, et ce pour plusieurs raisons :

- elles sont plus agiles. Quand tu as des centaines de salariés et d'énormes frais fixes de fonctionnement, il est périlleux de changer de stratégie. Une petite structure pourra plus facilement s'adapter à son environnement.

- je pense qu'on a tendance à surestimer l'évolution du web. Certes, les "simples" pages HTML sont loin derrières, mais le big data, les lunettes Google, les 28 nouveaux sites sociaux qui sortent chaque jours, etc... sont très loin des préoccupations quotidiennes de l'internaute lambda. Il y a de nombreuses petites boutiques en ligne qui réussissent avec des boutiques qui peuvent paraître "basique", et sans utiliser les derniers gadgets à la mode.

- il est plus facile de se lancer maintenant qu'il y a quelques années. Aujourd'hui, il existe de solutions très pro et pas cher pour créer sa boutique en ligne (ex. Wizishop, Clicboutic, etc...). Il est plus facile de trouver des fournisseurs partout dans le monde. Il est plus facile de sous-traiter le design, le dév, etc...

Mais attention, je ne veux pas dire que tout est rose et que c'est hyper facile de faire du e-commerce quand est on petit. Le marketing coûte plus cher, la concurrence est plus rude... cela exige d'être très pro et à l'écoute de sa clientèle. Et c'est également là que je vois une belle opportunités.

Écrit par Patrice le 26/02/2014 à 09h55
Oui il y a encore de la place, je pense qu'on est dans une grande période de mutation des prestations, depuis penguin il y a une "purge" du marché des référenceurs par exemple, tout ceux qui utilisaient de l'outil automatique sont voués à disparaitre ( ou à devenir des agences de référencement négatif, ce qui est la nouvelle grande tendance du moment, Matt Cutts de Google ayant ouvert les portes de l'enfer ). De ce fait il y a de moins en moins d'entreprises face à la demande , il y a de ce fait plus de clients potentiels disponibles... Mais seuls vont rester ceux qui ont des compétences pointues et qui sont capables de donner du conseil "humain".

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